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La grandeur de la honte et la douleur du silence

  • Photo du rédacteur: Mae
    Mae
  • 18 févr.
  • 1 min de lecture

Être enfermé.

Voir sans vraiment voir.

Écouter sans comprendre.

Parler sans être entendu.

Douter de soi.

Craindre son environnement. Avoir peur.

Voilà ce que la honte peut créer. Un enfermement invisible.


La honte n'est pas toujours naturelle.

Parfois, elle est installée. Nourrie. Entretenue.

Par le doute. Par la culpabilité. Par la peur.

Mais la peur peut s’arrêter.


Laisse-moi te parler d’un cauchemar récurrent que je faisais enfant et adolescente.


Je m’endormais tranquillement.

Puis soudain, mes yeux s’ouvraient dans l’angoisse.

Ma poitrine se resserrait.


J’étais sous l’eau.

Coincée sous une épaisse couche de glace. Je voyais l’autre côté, flou, inaccessible. Je criais, mais sous l’eau aucun son ne sortait. Personne ne m’entendait. Personne ne me voyait.


Avec le temps, j’ai compris que ce rêve n’était pas seulement un cauchemar.

Il ressemblait à mon silence.


Cette épaisse glace représentait cette présence qui me faisait douter, me faisait culpabiliser, me faisait croire que le problème venait de moi.

Alors je me suis tue.

Et à force de me taire, je me suis noyée intérieurement. J’ai traversé une dépression à 16-17 ans.


Aujourd’hui, la glace est brisée. Pas parce que le passé a disparu. Mais parce que le silence, lui, s’est fissuré.


Bientôt la trentaine, et je ne me cache plus.


Je ne brise pas le silence pour accuser. Je le brise pour respirer.

La honte n’était pas une preuve que j’étais défaillante. C’était une stratégie de survie.

Si toi aussi tu te reconnais dans ce silence,sache une chose :

Tu n’es pas fou/folle.Tu n’es pas trop.Tu n’es pas coupable d’avoir ressenti.

Ici, tu es écouté(e).Entendu(e).


Et tu as le droit d’exister.



— Maë

 
 
 

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